
Jean Dréjac, né à Grenoble en 1921, nous a quittés en 2003. Il a écrit plus de 400 chansons et nombre d’entre elles sont entrées dans la mémoire collective. Mariant poésie et chanson populaire, son âme de poète a enchanté plusieurs générations, de la Libération à aujourd’hui. Commandeur des Arts et des Lettres, plusieurs fois vice-président de la Sacem, président du Syndicat national des auteurs-compositeurs durant plusieurs années, il a défendu les droits de sa profession avec de fortes convictions.
Il fait ses débuts, à dix-sept ans au sein du groupe amateur local Cinfonia en interprétant des chansons de Trenet et Misraki. Rapidement, il gagne un concours organisé par Radio Cité, ce qui l’incite à « monter à Paris ». Dans la capitale, il se produit sur diverses scènes dont le Petit Casino, Les Folies Belleville, et Le Concert Pacra. Pendant la « drôle de guerre », il joue au Théâtre de l’Abri une revue franco-anglaise avec Barbara La May. Après la défaite, il fréquente le cours Simon.
Les spectacles ayant repris, il chante en vedette dans une revue au « Concert Mayol », mais requis par le S.T.O. et réfractaire, il doit cesser toute activité publique.
Il écrit quelques textes et les propose au compositeur Charles Borel Clerc, parmi lesquels un classique des classiques, entré de son vivant dans le folklore : Ah ! Le petit vin blanc, qui deviendra un succès à la Libération, chanté par Lina Margy, et décidera de sa carrière d’auteur.
Suite à cette superbe entrée en matière, Jean Dréjac écrit, toujours avec Borel Clerc, Le p’tit bal du samedi soir pour Georges Guétary (1946). Parmi ses premiers interprètes, figurent également Lucienne Delyle et Danièle Darrieux Les quais de la Seine, Jean Lumière Maman, vous êtes la plus belle, Jacques Hélian (plusieurs chansons dont L’amour vient de naître, Ainsi va le destin, Le champ de blé…).
En 1952, Sous le ciel de Paris, écrit avec le compositeur Hubert Giraud, pour le film éponyme de Julien Duvivier devient une chanson historique, un standard, qui fera le tour du monde, portée notamment par Édith Piaf, Juliette Gréco, Yves Montand et Les Compagnons de la Chanson. En 1956, elle est numéro 1 aux États-Unis et Andy Williams enregistre une très belle version intitulée Under Paris Skies. La mélodie d’Hubert Giraud séduit également une pléiade de grands jazzmen : Duke Ellington, Quincy Jones, Toots Thielemans, Jacky Terrasson, Coleman Hawkins, Michel Legrand, Stéphane Grappelli. Elle est même reprise sous la Tour Eiffel par les trois ténors (Pavarotti, Carreras, Domingo).
Désormais, tous les interprètes s’arrachent littéralement Jean Dréjac, qui marie à la perfection poésie et chanson populaire, avec un goût des mots, une beauté de style et un sens de l’évidence que bien peu égaleront : il y a un « ton Dréjac », subtil, délicat, magique. Une jeune interprète nommée Annie Cordy créera en 1954 un nouveau succès signé cette fois avec Jean Constantin, Fleur de papillon. Ensuite, ce sera au tour de Maurice Chevalier Mimi la blonde, Dany Dauberson C’est la vie, Les Frères Jacques Le petit homard, Anny Gould Est-ce un péché, Jacques Pills Ma petite rime (chantée par Jean Constantin), Philippe Clay C’est une chanson.
Avec Léo Ferré, il écrit Juke Box Troubadour, qu’il interprète lui-même. Il garde son âme de poète à l’heure où les Yé-Yé font rage… 1960 est encore une grande année pour Jean Dréjac. Sa rencontre avec Yves Montand en tant qu’interprète et Philippe Gérard en tant que compositeur fait date et produit de grands succès, intitulés Rengaine ta rengaine (1961), La chansonnette (1961), une petite merveille d’écriture, et La musique (1968). Ce n’est pas tout : il écrit également pour le fringant Marcel Amont, homme de scène par excellence, qui interprètera avec succès l’inoubliable Bleu, blanc, blond, ainsi que La chanson du grillon, Y’en avait pas beaucoup et Dans le cœur de ma blonde dans la foulée.
Désormais, toutes les radios de France chantent Dréjac, à une époque où, rappelons-le, les succès sont repris à chaque fois par au moins cinq ou six interprètes différents : Dalida L’arlequin de Tolède (chanson également interprétée par Les Compagnons de la Chanson), Jacqueline François Le soleil de Pigalle, Juliette Gréco La cuisine, Jean-Claude Pascal Ma muse et Papa est un poète, Patachou Faut pas gamberger, Line Renaud Mon amour, Tino Rossi Brasilia mon amour, et John William Droujba notamment.
France Gall et Colette Deréal font également partie de ses nouveaux interprètes. La première chante Je me marie en blanc et la seconde Et voilà c’est l’amour, reprise en même temps par Christiane Legrand. Par ailleurs, Sacha Distel enregistre en 1962 Bon vent ma jolie.
Au début des années soixante-dix, Jean entame une des collaborations les plus importantes de sa vie avec le bouillonnant Michel Legrand, enfant prodige de la musique française. En 1965, Michel enregistre avec succès l’une des plus belles œuvres de Jean, Comme elle est longue à mourir ma jeunesse.
Les deux hommes se sont connus à la fin des années quarante aux éditions Jacques Hélian où la mère de Michel travaillait. Ils avaient alors écrit une chanson intitulée Je cherche un appartement, qui ne fut jamais interprétée. Cette collaboration donnera également naissance à de pures merveilles chantées (par Michel) comme L’été 42 (1972), Le messager (1971) ou Un ami s’en est allé (1975), sans oublier Oum le dauphin (1970). Par ailleurs, plusieurs chansons de ce duo seront chantées par d’autres interprètes.
Enfin, last but not least, on compte également parmi les interprètes fétiches de Jean Dréjac Serge Reggiani. En 1971, ce dernier crée Dans ses yeux, Rupture et Édith, également sur des musiques de Michel Legrand. Par la suite, tout au long de sa carrière, l’interprète poursuivra cette fructueuse collaboration : C’est comme quand la mer se retire (1972), Contre vents et marées (1973), Le vieux costume (1975), Les vieux gamins (1975) et plus récemment l’intégralité du dernier album de Serge Reggiani dont Enfants soyez meilleurs que nous, Tovaritch et Les quarantièmes rugissants (2000).
Enfin, le parcours de Jean Dréjac fut également marqué par d’autres interprètes prestigieux tels que Henri Salvador (Quand un artiste, Un air de France…), Charles Aznavour (Je ne connais que toi, 1978) ou Mireille Mathieu. Cette dernière enregistre pendant les années soixante-dix plusieurs chansons de l’auteur : La valse bleue (1970), Veux-tu qu’on s’aime ? (1971), Les feux de la chandeleur (1973), Pour le meilleur et pour le pire (1973), Dalida Une vie.
Jean Dréjac nous a quittés dans le cœur de l’été 2003. Heureusement, il reste présent car il laisse derrière lui environ six cents chansons. À travers chacune d’elles, il y a des bouts de son âme et lorsqu’on entend ses mots et qu’on le connaissait, on se rend bien compte qu’il est encore parmi nous.
Depuis sa disparition, les reprises continuent encore : Michel Leeb et Enrico Macias reprennent Sous le ciel de Paris, Florent Pagny L’homme à la moto, et Henri Salvador lui rend hommage en réenregistrant une nouvelle version magnifique de Quand un artiste.
Les actualités
‘Sous le ciel de Paris’ Orchestre de la garde Républicaine & Zaz – Concert de la Paix
Jean Dréjac et ses interprètes : ‘Tour de chant’ sur France Musique
‘Sous le ciel de Paris’ à l’honneur à la clôture des Jeux Olympiques de Paris 2024
‘Sous le ciel de Paris’ Concert de Paris 2024
Les enfants de l’Isère chantent Jean Dréjac
Concert Hommage à Paris le 14 mai 2023
Le coffret anniversaire 3 CDs
À l’occasion des 20 ans de la disparition de l’auteur Jean Dréjac, un coffret 3 CD rend hommage à l’ensemble de sa carrière. Ses chansons interprétées par les grandes vedettes de son époque ont été reprises par la suite par de nombreux artistes, de la variété au rock et du jazz au classique : Piaf, Montand, Gréco, Amont, Dalida, Salvador, Zaz, Renaud, Florent Pagny, Juliette, Lambert Wilson, mais aussi, Duke Ellington, Paul Anka, les Trois Ténors (Pavarotti, Domingo, Carreras), Renaud Capuçon, Richard Galliano …
Trois enregistrements inédits ont été réalisés pour ce coffret :
Laurent Voulzy offre une version tendre de Ah ! le petit vin blanc,
Romain Didier et Alissa Wenz leurs interprétations sensibles de Chanson pour Margot et Ma muse.
Sorti le 14 avril 2023.
EPK - COFFRET JUKE-BOX TROUBADOUR
MEDIA
RADIO
PRESSE
Télévision
INTERVIEWS de JEAN DRÉJAC
videos
Sous le ciel de Paris
Souvenirs
DISCOGRAPHIE

Jean Dréjac
Vinyle 7″
1959

Jean Dréjac
Chante Jean Dréjac
Vinyle 10″
1960

Jean Dréjac
Jean Dréjac
Vinyle 10″
1976

Jean Dréjac
Sous le ciel de Paris
CD album
1994
Livres

À partir de brouillons, de fragments retrouvés, mais aussi de ses propres souvenirs, le narrateur retrace la vie de son père, Jean Dréjac. Émaillé d’anecdotes, tantôt cocasses et drôles, tantôt plus émouvantes, le récit de Frédéric Brun entremêle subtilement le charme d’un passé coloré et musical et un présent plus mélancolique et endeuillé. Face à ses interrogations sur l’au-delà et dans le prolongement des aspirations spirituelles de son père, il trouve l’apaisement auprès des philosophes grecs. Grâce à ses chansons et à l’histoire de sa vie singulière, l’âme du poète Jean Dréjac continue de nous enchanter.
Éditions POESIS – Sorti le 20 avril 2023

Réunies pour la première fois par les éditions CHRISTIAN PIROT en 2006, cette anthologie présente 82 textes de Jean Dréjac. Accompagnée d’une préface écrite par son fils, l’écrivain Frédéric Brun, elle met en valeur la poésie de ses chansons.
Éditions Christian PIROT
hommages
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François TROLLER : francoistroller.ft(at)gmail.com
Nathalie BARAVIAN : n.baravian(at)gmail.com
LABEL
EPM MUSIQUE
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Production exécutive
DB PRODUCTIONS
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